Il y a une semaine, s'achevait pour moi le camp de foot que j'ai organisé. Un franc succès il faut bien l'avouer, mais d'un point de vue personnel, j'ai de petits soucis. En effet, quand bien même je sois le premier à fustiger ceux qui "ont les clés", je dois bien avouer que ce fut à mon tour de les avoir.
J'ai donné des ordres, j'ai dit à tout le monde où ils devaient manger, s'asseoir, respirer...Les "Reste pas là!", "Vous faites quoi dans ce vestiaire, sortez?!" ou encore "Non, tu peux pas faire ça...parce que je le dis, c'est tout." ont fusé de toutes parts.
Et j'en suis pas fier.
J'ai été ce gros connard que je déteste. D'un côté, c'est pas si mal. En anthropologie, on appelle ça de l'observation participative. Je n'en serai que mieux armé la prochaine fois que je décrirai la connerie des gens qui nous entourent. En me rappelant que j'ai fait partie de l'entourage...
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vendredi 31 août 2007
mardi 14 août 2007
Pour les combattre
Parler et se plaindre de ceux qui ont les clés, c'est bien. Savoir ce qu'il faut faire en leur présence, c'est mieux.
A cet effet, je citerai le roman de l’écrivain égyptien Albert Cossery, La violence et la dérision :
A cet effet, je citerai le roman de l’écrivain égyptien Albert Cossery, La violence et la dérision :
Karim avait abdiqué toute dignité dans ses rapports avec la tourbe des gens qui détenaient une parcelle de pouvoir. Il fallait faire l’imbécile, se montrer plus bête qu’eux. C’était le seul moyen de les dégouter. Heykal lui avait expliqué que la dignité n’avait de prix qu’entre des hommes égaux et ayant des sentiments d’estime réciproque. Garder sa dignité devant un policier ou tout autre agent de la puissance du jour ne signifiait absolument rien. […] Devant un chien enragé la seule attitude intelligente est la fuite.A méditer.
lundi 6 août 2007
Une belle bande de cons
L'autre nuit, j'ai rêvé que je rencontrais Christoph Keckeis, notre bien-aimé chef de l'armée. Inutile de préciser que je l'ai copieusement insulté et lui ai dit ses quatre vérités au sujet de son inutilité.
Mais d'un autre côté, je dois avouer que lorsque j'ai appris qu'il allait quitter cette fonction, ça m'a fait un petit pincement au coeur. Détester un individu (ou du moins ce qu'il personnifie) aussi longtemps et intensément, ça crée des liens. Qu'on le veuille ou non, il devient présent. Il est à nos côtés pour de nombreuses étapes de notre vie. Des vacances avortées par un ordre de marche? C'est lui qu'on maudit. Une journée passée à courir après les attestations d'examens ou les autorisations diverses? C'est encore lui. Des heures et des heures de votre vie gâchée à attendre à ne rien faire pour protéger notre beau pays des communistes? Toujours lui. Keckeis est un personnage central de la vie de milliers de jeunes Helvètes de mon âge. Il va nous manquer. Ca doit être ça qu'on appelle la fuite des cerveaux.
Mais d'un autre côté, je dois avouer que lorsque j'ai appris qu'il allait quitter cette fonction, ça m'a fait un petit pincement au coeur. Détester un individu (ou du moins ce qu'il personnifie) aussi longtemps et intensément, ça crée des liens. Qu'on le veuille ou non, il devient présent. Il est à nos côtés pour de nombreuses étapes de notre vie. Des vacances avortées par un ordre de marche? C'est lui qu'on maudit. Une journée passée à courir après les attestations d'examens ou les autorisations diverses? C'est encore lui. Des heures et des heures de votre vie gâchée à attendre à ne rien faire pour protéger notre beau pays des communistes? Toujours lui. Keckeis est un personnage central de la vie de milliers de jeunes Helvètes de mon âge. Il va nous manquer. Ca doit être ça qu'on appelle la fuite des cerveaux.
lundi 30 juillet 2007
The Tuxedo
Arrivé à la fin du Paléo, c'est l'occasion d'approfondir nos connaissances en matière de "ceux qui ont les clés". Dans toutes ces manifestations -festival, fête de jeunesse, etc. - on trouve toujours le même personnage. Il se reconnait à deux choses: son habit et son attitude.
Son habit, c'est simple. C'est un t-shirt. Mais pas n'importe quel t-shirt: il y a marqué "staff" dessus. Et du coup, on reconnait facilement l'attitude qui va avec. Imbu de la parcelle minuscule de pouvoir que lui confère son t-shirt, le staffiste se sent pousser des ailes et se mêle absolument de tout. Vous marchez innocemment dans une allée? Il va vous arrêter, "Je peux voir votre billet?" (respectivement "ton" billet si on est dans une fête de jeunesse). Vous vous dirigez vers la sortie? "Tu vas où là, il y a rien par ici?!". Telle la cape de Superman, le t-shirt staff rempli celui qui le porte d'un courage à toute épreuve. Couplé à quelques bières - et ce n'est pas chose rare - son effet s'en trouvera décuplé et dès lors plus rien n'arrêtera le staffiste. Vous êtes assis à un endroit qui ne lui plaît pas, vous avez une mauvaise tête, vous buvez une boisson qui pourrait ne pas avoir été achetée sur place? Erreurs, graves erreurs. Le staffiste usera d'autant de sa médiocre autorité sur vous. Et c'est d'un "Ah non, ça va pas être possible" qu'il sanctionnera toutes vos actions.
L'important pour eux, c'est d'engranger un maximum de cette autorité inutile avant de retourner le lundi à ses études/son rayon/sa comptabilité. Et d'avoir un truc à raconter à côté de la machine à café. Et le pire, c'est que dans ces cas-là, on ne peut pas faire autre chose que ce qu'on vous dit, répondre gentiment et passer son chemin.
Son habit, c'est simple. C'est un t-shirt. Mais pas n'importe quel t-shirt: il y a marqué "staff" dessus. Et du coup, on reconnait facilement l'attitude qui va avec. Imbu de la parcelle minuscule de pouvoir que lui confère son t-shirt, le staffiste se sent pousser des ailes et se mêle absolument de tout. Vous marchez innocemment dans une allée? Il va vous arrêter, "Je peux voir votre billet?" (respectivement "ton" billet si on est dans une fête de jeunesse). Vous vous dirigez vers la sortie? "Tu vas où là, il y a rien par ici?!". Telle la cape de Superman, le t-shirt staff rempli celui qui le porte d'un courage à toute épreuve. Couplé à quelques bières - et ce n'est pas chose rare - son effet s'en trouvera décuplé et dès lors plus rien n'arrêtera le staffiste. Vous êtes assis à un endroit qui ne lui plaît pas, vous avez une mauvaise tête, vous buvez une boisson qui pourrait ne pas avoir été achetée sur place? Erreurs, graves erreurs. Le staffiste usera d'autant de sa médiocre autorité sur vous. Et c'est d'un "Ah non, ça va pas être possible" qu'il sanctionnera toutes vos actions.
L'important pour eux, c'est d'engranger un maximum de cette autorité inutile avant de retourner le lundi à ses études/son rayon/sa comptabilité. Et d'avoir un truc à raconter à côté de la machine à café. Et le pire, c'est que dans ces cas-là, on ne peut pas faire autre chose que ce qu'on vous dit, répondre gentiment et passer son chemin.
mardi 17 juillet 2007
Ceux qui ont les clés
Pour les débuts de ce blog, il est nécessaire que j'introduise un concept que je risque d'utiliser souvent. C'est celui des gens qui "ont les clés". On me dira que tout le monde a des clés. Certes, mais là c'est particulier.
Ne vous êtes jamais retrouvé confronté à une personne qui détient une parcelle de pouvoir absolument dérisoire, mais qui grâce à cette parcelle réussit à vous faire chier à un point inhumain? Et ils le savent pertinemment qu'ils ont ce pouvoir, ce qui fait qu'ils en usent et (surtout) abusent. Ce pouvoir ridicule peut justement se matérialiser dans une clé. Celui qui va vérifier votre identité 7 fois avant de vous ouvrir. Celui qui sait très bien qu'il va accéder à votre demande mais s'obstine à vous faire tourner en bourrique pour son seul plaisir.
Un videur récalcitrant à l'entrée d'une boîte personnifie assez bien "celui qui a les clés". Les fonctionnaires sont les héros tragiques de cette race d'emmerdeurs: vous avez absolument besoin de tel ou tel formulaire, demande ou autorisation, mais avant de l'obtenir vous devrez subir toutes les humiliations possibles et imaginables. Nécessité d'obtenir un préavis, de fournir une pièce d'identité que vous n'avez pas et par dessus tout besoin absolu de ne pas empiéter sur leur pause...Le fonctionnaire sait qu'il va vous donner votre autorisation, mais il prend un malin plaisir à faire l'exercice de son peu de pouvoir sur vous, juste pour montrer que c'est lui qui décide. Tout ça pour que lors de la pause de midi il puisse commencer toutes ses phrases par un "Je lui ai dit..." ou un "Avec moi ça se passe pas comme ça..." un grand sourire plein d'auto-satisfaction sur les lèvres.
Ne vous êtes jamais retrouvé confronté à une personne qui détient une parcelle de pouvoir absolument dérisoire, mais qui grâce à cette parcelle réussit à vous faire chier à un point inhumain? Et ils le savent pertinemment qu'ils ont ce pouvoir, ce qui fait qu'ils en usent et (surtout) abusent. Ce pouvoir ridicule peut justement se matérialiser dans une clé. Celui qui va vérifier votre identité 7 fois avant de vous ouvrir. Celui qui sait très bien qu'il va accéder à votre demande mais s'obstine à vous faire tourner en bourrique pour son seul plaisir.
Un videur récalcitrant à l'entrée d'une boîte personnifie assez bien "celui qui a les clés". Les fonctionnaires sont les héros tragiques de cette race d'emmerdeurs: vous avez absolument besoin de tel ou tel formulaire, demande ou autorisation, mais avant de l'obtenir vous devrez subir toutes les humiliations possibles et imaginables. Nécessité d'obtenir un préavis, de fournir une pièce d'identité que vous n'avez pas et par dessus tout besoin absolu de ne pas empiéter sur leur pause...Le fonctionnaire sait qu'il va vous donner votre autorisation, mais il prend un malin plaisir à faire l'exercice de son peu de pouvoir sur vous, juste pour montrer que c'est lui qui décide. Tout ça pour que lors de la pause de midi il puisse commencer toutes ses phrases par un "Je lui ai dit..." ou un "Avec moi ça se passe pas comme ça..." un grand sourire plein d'auto-satisfaction sur les lèvres.
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